Partenariat Association Un Maillot Pour La Vie

http://www.aiderdonner.com/freerideaddictteam#dons

jeudi 13 août 2009

Marches et crashs au soleil

Dimanche 9 Août




Le soleil est toujours de la partie. Les couloirs de proximité sont déjà bien tracés depuis mercredi. Pat décide de nous emmener à Cerro Z. Une face bien ensoleillée, sans trace pour l’instant. La montée se fait paisiblement dans les traces du rattrack sur le début, puis à flan de crête sur la fin. Rien à voir avec ce qu’on connu deux jours plus tôt, c’est presque une promenade de santé, d’une heure trente tout de même…


Nous voilà en haut de la pente, Pat nous explique où passer puis il se lance. La pente n’a pas l’air trop raide, dégagée de tout obstacle. Peut être cela nous a -t-il fait prendre confiance. Le soleil jouant peut être aussi dans l’état d’esprit… Toujours est il que lorsque je me lance, je prends quasiment les mêmes lignes que Pat. Dans le run, malgré quelques pertes d’équilibres sans doute dues à la vitesse, je prend un pied monstrueux dans une neige plutôt appréciable, encore poudreuse mais un peu plus lourde que les jours précédents. Les courbes sont plus que tendues, 400m de dénivelé environ en cinq courbes maximum…

Eric se lance tout de suite derrière moi, visiblement dans la même optique, et ouvre sa ligne au possible. Au final, notre arrivée sur les traces de rattrack sera non contrôlée : un crash énorme pour chacun. Pat nous dira que c’est du à une non maîtrise, nous à un changement de neige… toujours est il que ça doit nous servir de leçon, ne jamais prendre confiance en montagne. La leçon est notée et apprise. Bertrand ne se procurera pas le même plaisir, du à un soucis technique visiblement et quelques difficultés pour retrouver un ski, il se contentera de descendre la face tranquillement. A l’issue de la descente, Pat constate notre état de fatigue et devient douteux par rapport à la suite des manœuvres.

Il prend tout de même a décision de nous emmener à El Collar, par contre les données sont claires : personne n’ouvre ses courbes. La descente se fera donc paisiblement, dans une neige excellente sur le début, mais carrément dégueulasse sur la fin. Le soleil commence à faire ses effets, à 2200m c’est le printemps, dur à accepter après les journées de peuf que l’on vient à peine de digérer. Cette journée, courte en itinéraire nous aura tout de même beaucoup appris sur nous.

La fatigue, même si elle ne sent pas le matin ou lors des marches d’approche, a sans doute eu un rôle déterminant dans nos chutes. Ces dernières, se sont bien terminées, mais elles doivent nous servir d’avertissement sérieux pour les jours, voir les saisons à venir. En montagne, l’erreur peut ne pas pardonner, nous ne devrons jamais oublier ça…

un jour sans…

Samedi 8 Août

Ce matin le réveil est difficile, sans doute que la montée de la veille y est pour quelque chose. La première descente dans Eduardo aura à peine le temps de réveiller les jambes, que Pat nous propose d’aller rider Frankie, un couloir raide et étroit, et qui plus est pas trop enneigé en ce moment. Il s’y engage, et vu sa réaction, nous préférons renoncer. Sans doute la bonne décision, car aujourd’hui, personne n’y est. La journée sera des plus calme, avec trois rotations tirées par les cheveux sans trop de plaisir. La fatigue nous a atteint au bout d’une semaine, mieux vaut faire un break.

samedi 8 août 2009

Grandes manœuvres et premier 4 000

7 Août

En ce vendredi, la météo annonce grand beau. Le réveil sonne donc à 8h, et nous découvrons avec stupeur que c’est bouché, vraiment bouché, encore pire qu’hier. C’est un peu la désillusion au petit déj’. Malgré tout, il semble que le ciel se dégage par la droite. Pat nous recommande de nous tenir prêts. On commence à le connaître, en général il flaire les bons coups… Sans rechigner on s’exécute. Peu de temps après nous voilà partis. Ber et moi passons récupérer nos skis à l’entretien, et nous rejoignons Pat et Eric qui trépignent d’impatience. Ca y est, il fait grand beau, ça va envoyer !

Nous voilà parti pour Marte, qui nous mènera au sommet de la station. Nous ne sommes pas les premiers, mais presque, du coup on monte tranquillement les 35 minutes de marche à flan de crête qui nous mènent au départ de Cerro Martin. Un run que l’on a déjà fait le deuxième jour, sauf que là, cinquante bons centimètres de peuf se sont déposés sur ses pentes. Deux gars arrivés en même temps que nous nous cassent un peu les lignes, mais c’est pas grave, y’en aura pour tout le monde.



Pat, fidèle à ses habitudes, ouvre la face par un run dont il a le secret. De la neige vole sur plusieurs dizaines de mètres après sont passage, c’est ça qui est bon ! Eric, Bertrand puis moi le suivons sans trop attendre. La face est tombée d’une traite, tant la neige est facile à skier. Tout comme hier on en a jusqu’à mi cuisse, mais aujourd’hui le soleil est bel et bien là et nous colle un gros sourire sous le masque. En une vingtaine de secondes, chacun plie son run. 600m dans les dents.



Sitôt terminé, Pat décide de nous emmener dans son run préféré : Entre Rios. Nous effectuons une longue traversée, parfois à ski quand la neige le permet, parfois à pied, pour nous rendre à l’aplomb de l’itinéraire. L’approche est déjà difficile, ça casse sous le poids du corps et on en a rapidement à mi cuisse. Pas facile d’avancer là dedans. Pat annonce la couleur : ça va être une grosse galère. Tant pis, on a déjà perdu trop de temps pour faire demi tour et partir sur d’autres runs, on y va.





Nous décidons rapidement d’installer des relais, afin que ce ne soit pas toujours le même qui fasse la trace. Après deux lacets pour couper la pente, on décide d’y aller dré dans l’pentu. Nous attaquons donc la première déclivité de la journée avec enthousiasme, nous sommes en pleine forme, la météo est stable, tout va bien. Après plusieurs relais, nous commençons de prendre de l’altitude. Nous sommes obligés de lancer les bâtons devant nous en guise de barre de traction pour nous faciliter la tache tant il y a de la neige et la pente est raide. Un long passage à l’ombre refroidira l’ambiance. Passant la plupart du temps les mains dans la neige, nous nous retrouvons rapidement avec les doigts gelés. Ca devient dur, non pas physiquement, mais mentalement. Le dôme qui nous surplombe semble à une éternité.




Avec un peu de courage, nous parvenons à son sommet. D’après Pat, derrière, sur les crêtes, ça ira mieux, ce sera plus compact. Rien du tout, pas cette fois ci. Du coup, nous grimpons encore un peu, et prenons le temps de nous ravitailler. Ca fait déjà plus de deux heures qu’on marche.
Nous repartons peu de temps après, à flan de crête en visant un pierrier. Une fois arrivé dans ce dernier, ça devient encore plus difficile. Les pierres dévalent la pente sous chaque appui, cette dernière est raide, il faut donc être vigilant malgré le froid et la fatigue mentale qui nous gagnent. Bertrand est devant et fait un peu de terrassement pour sécuriser ses appuis. Une fois cet obstacle traversé, Pat prend les devants. Nous retrouvons une neige dure qui n’est pas pour nous déplaire. En revanche, la pente est raide, et si l’un de nous glisse, on le ramasse plusieurs dizaines de mètres en bas dans le pierrier. Vigilance donc…


Nous contournons le pierrier par dessus, et nous nous retrouvons au pied du dôme sommital. Encore quelques mètres et nous serons arrivés. Eric à le plaisir de poser le pied au sommet en premier. Nous l’imitons sans tarder. Nous venons de vaincre notre premier 4000 m.








A peine après avoir vu le spectacle panoramique que nous offre ce sommet, Bertrand me lâche un sincère « j’ai envie de pleurer putain !!! » Il n’a pas tort, c’est émouvant. On a tellement galérer pour en arriver là que c’est une réelle victoire. Mais la récompense est de taille. Outre la vue époustouflante à 360°, voilà que se déroulent sous nos pieds , 1500m de dénivelés gorgés de peuf et vierges de toute trace. Après 4h30 de marche skis sur le dos, il semble qu’on les ai bien mérité.




Nous nous rééquipons et gagnons le départ un peu plus bas sur la crête. Pat décide de faire deux groupe de deux afin que chacun puisse faire sa ligne dans le haut. Il s’engage, et j’ai à peine le temps de m’approcher du bord qu’il a déjà disparu pour réapparaître quelques secondes plus tard tout en bas du run. Impressionnant.


Eric s’engage, Ber le suit de près. Leur trace rencontrera une petite compression neigeuse qui leur procurera de bonnes sensations. Je ferme la marche en prenant un plaisir immense à rider cette face qui parait sans fin. A mi pente, je rejoint Bertrand, à qui lui aussi ses cuisses ont dit stop. A peine le temps de reprendre notre souffle que nous repartons dans l’étranglement de la face, avant d’ouvrir sur une large pente. Arrivés dedans à pleine vitesse nous taillons des courbes immenses. La neige est exceptionnelle, légère, rapide, ça siffle dans les oreilles. A l’arrivée sur le replat, je me fait surprendre par une neige trafollée. Qu’importe, j’en ris même tant le run a été énorme.


Et voilà que quelques minutes après notre arrivée au sommet, nous nous retrouvons tous les quatre 1500m plus bas, à rire comme des enfants, à regarder nos traces…de descente mais aussi de montée, car dans ces conditions, elles sont tout aussi admirables. Quelques photos et nous voilà repartis direction la terrasse, pour se ruer sur une bière et un burger amplement mérités.

En lisant ces lignes, certains doivent nous prendre pour des fous. Plus de 5 heures de marche dans la journée, pour maximum deux minutes de ride…Peut être que leurs pensées sont justifiées. Néanmoins, après une journée comme celle là, nous apprécions à sa juste valeur le privilège qui nous est offert. Avec du recul, la souffrance dans la neige et le froid devient moment de partage et de convivialité, exploit personnel quelque part également, sentiment du devoir accompli aussi… Et quand on arrive à connaître de tels sentiments au sommet de la montagne, de telles sensations sur la neige, une telle joie au bas de la pente ; on attend qu’une chose : que ça recommence !!! Nous essaierons de nous appliquer à la tâche dès demain.

jeudi 6 août 2009

Jusqu'aux oreilles...

6 Août
Aujourd’hui, les prévisions annoncent un temps maussade, bouché le matin puis neige l’après midi. On décide donc de ne pas mettre le réveil trop tôt.
A huit heures, lorsqu’il sonne, personne ne bouge, signe que le décalage horaire est désormais bien assimilé mais aussi que la fatigue commence à se faire sentir. Apercevant un morceau de ciel clair, je me lève pour voir. A cet instant, Pat vient nous voir : « levez vous les gars ça n’a pas l’air trop mal ». Le temps d’un rapide petit déj’, le soleil illumine déjà El Collar , un run du coin. On se dit que peut être une grosse journée nous attend. En arrivant dans la première remontée, tout s’est déjà rebouché, c’est presque jour blanc. Qu’importe, Marte, le télésiège du haut de la station donnant accès à tous les couloir vient d’ouvrir. On monte, on verra en haut.
Pas ou peu de traces, Pat et Fab nous emmènent dans la variante d’Eduardo, que nous avions faite avant qu’il ne neige. Là, c’est une toute autre histoire. La combe est gavée de neige. A froid, les premiers virages sont difficiles tant il y en a, mais nous prenons tout de même beaucoup plus de plaisir à fendre la neige vierge qu’hier.
La première rotation effectuée, nous remontons illico. Pat décide de nous faire connaître une petite combe un peu excentrée par rapport à la première. En arrivant à son départ, nous avons moins de chance que pour le premier run. Le vent a formé une belle plaque sur tout le haut du premier couloir, il va falloir être prudents. Pat s’assure que tous nos ARVA sont allumés puis il s’engage. Un à un nous le rejoignons, ça passe sans partir sous nos pieds, soulagés. Enfin on va pouvoir se lâcher… car ici pas une trace, la face nous appartient tandis que le soleil tente de percer le manteau nuageux et nous offre plus de visibilité. Nous choisissons chacun notre ligne et nous engageons en essayant de suivre Pat. Impossible il va trop vite pour nous. Qu’importe, le plaisir est bel et bien là, et nos tâchons d’appliquer ses consignes, ce qui ne fait que décupler nos sensations et notre bonheur. Par une traversée, nous regagnons un grand champ de neige, là encore vierge de toute trace. Un bonheur immense, laisse son empreinte dans cette immensité ouatée, en se penchant de plus en plus dans les virages, en maîtrisant de mieux en mieux les lattes… Dommage, s’est déjà fini.
Nous en sommes quitte pour se repayer une bonne demi heure de télésiège. En haut, c’est re-belote, variante d’Eduardo en tirant un peu plus à gauche pour de nouveau faire nos traces. Les possibilités de lignes sont innombrables. Et même si la faible visibilité nous freine certainement, les courbes sont de plus en plus larges. Chacun fend le manteau neigeux en en ayant jusqu’à mi cuisses. Et ces dernières, même si ça tourne tout seul dans toute cette poudreuse, commencent à chauffer sérieusement sur le bas des runs. Si bien que pour l’heure elles sont notre seul frein, notre seule limite… On ne s’arrête dans ces longues et larges faces que lorsque les jambes ne peuvent plus nous porter en toute sécurité ; et la limite n’est pas toujours facile à trouver ! Une fois de plus, 1 200m de dénivelé, enfilés en un rien de temps, et déjà la troisième trace de la journée que nous laissons dans les faces.
Au bas de ce run, Fab nous rejoint. Lui et Pat décident de nous faire découvrir un nouveau couloir. Une plaque énorme chapeaute ce dernier. Il va de nouveau falloir être prudents. Un premier couloir, un peu glacé sera facilement négocié sans que ça bouge. Ensuite, lorsqu’il débouche sur une plus large pente, Pat et Fab n’ont pas l’air rassurés, ça à l’air bien plaqué. On ne bouge pas, on laisse faire nos deux guides qui cherchent le compromis entre LA ligne et la sécurité. Pat se lance, rien ne bouge. Eric le suit, pas de problème, mais ça à l’air de craquer un peu sous les lattes. Avec Ber, nous décidons de prendre un peu sur la gauche. Bon choix. On s’en met jusqu’aux oreilles, la neige est excellente et la pente correcte. Les cuisses brûlées, comme à l’accoutumée depuis que nous sommes ici, nous rejoignons Eric sur le bas de la pente. Un dernier champ de neige et nous rejoignons Pat et Fab pour clôturer ce quatrième run de la journée.
Nous enchaînerons en suite deux nouveaux runs dans les mêmes itinéraires qu’au départ. Malgré cela chacun de nous à encore la chance de pouvoir tracer sa ligne. En effet aujourd’hui, pas grand monde sur les pistes… et moins encore en dehors ! Peut être ont-ils eu peur de la météo ? Quelle bonne idée ils ont eu !!!
Pour notre part, cette journée ne fut que pur gavage. Eric s’étonne de la force de la neige qui tape dans son abdomen, Bertrand fait limite frotter ses aisselles à la surface de toute cette peuf tant il se penche, c’est vous dire s’il y en a.
Pour résumer la journée, 6 itinéraires de 1200m de dénivelé pour un total de 7200m à tracer dans une peuf de rêve. Les progrès sont là ; ils nous ouvrent la voix vers un nouveau monde de sensations… Que demander de plus ? Une pizza ? On s’en est justement enfilé deux en rentrant ! Du grand ski et du pur bonheur aujourd’hui en attendant les grandes manœuvres de demain, puisque cette fois ci, la météo annonce grand beau : ça promet !!! mais d’ici là, récup… car la machine charge, et c’est tout bon !

Pampa et Peuf...

4 et 5 Août

En ce mardi, les prévisions météorologiques annoncent une tempête ; beaucoup de vent puis neige. Impensable d’espérer skier. Pat nous propose d’aller faire un tour de cheval dans la pampa pour occuper la journée.
Au réveil, Eric se retrouve avec un torticoli, pas de cheval pour lui, il restera à l’appart ppur récupérer et espérer skier demain. Nous voilà donc partis, Bertrand et moi, accompagnés de Pat et Fred, en direction de Malargüe. Après une heure de route, nous arrivons dans un ranch qui ne paye vraiment pas de mine. Christian, le gaucho maison, nous file une monture à chacun, et nous voilà parti pour six heures de cheval. Heureusement, Pat nous avait prodigué quelques conseils dans la voiture, car ici, c’est loin d’être comme en France : on te donne ton cheval et c’est parti. Du coup, on se retrouve rapidement en train de faire notre premier galop, quelques minutes seulement après être partis. Sympa. Les bêtes ne semblent pas trop folles, on va pouvoir s’amuser.
Après une heure de randonnée tranquille, pause déjeuner. On s’arrête dans une pisciculture où l’on nous sert des truites à toutes les sauces, de l’apéro au plat de résistance. Ca change des costillas mais c’est sympa. L’après midi, c’est balade freeride à travers la pampa. Rien autour de nous à des kilomètres à la ronde, nous voilà perdus au milieu de ces immenses étendues de sable et rochers, buissons et épineux. On a du mal à le croire, on dirait un film. En toile de fond les Andes perdent leurs cimes dans les nuages. Splendide décor pour envoyer de grands galops. On y prendrait goût…
La fin de la balade s’avère un peu aventureuse avec la traversée d’une rivière qui nous semble plutôt fraîche, alors que les chevaux sont eux excités de rentrer...
Un super moment qui restera certainement longtemps dans nos mémoires. Nous étions venus skier, nous avons joué aux gauchos toute la journée à courir les chèvres. Original, et plus qu’agréable. La journée se termine autour d’un café gentiment offert par le ranch, preuve une nouvelle fois de l’hospitalité des argentins.
Le retour à Las Leñas, se fera sous la neige. Les prévisions ont vu justes. Pourtant, ce n’est pas ce qui nous empêchera de faire le traditionnel asado, non sans mal. Faire le barbecue sous la neige le 4 Août, que demander de plus ?
La journée d’Eric à l’air d’avoir payée, et du coup le soir, tout le monde est excité par la neige, et fabule sur les descentes à venir le lendemain…

Ce jour, réveil matinal, branle bas de combat, tout le monde n’attend qu’une chose : l’ouverture, pour profiter des 40 cm de peuf qu’a gentiment déposé dame nature pendant la nuit. Dans le télésiège, on est comme dans des starting blocks. Les possibilités de runs seront limitées du fait du vent, il faudra donc être rapides. Un peu pris par l’euphorie, nous partons comme des fous et rapidement, les chutes s’enchaînent.
Sans doute trop pressés de descendre pour recommencer, nous en oublions de penser à notre ski, aux conseils de Pat, et à retrouver des sensations dans ce noble matériau. Au fil des descentes, ça va un peu mieux, nous traçons nos lignes dans les quelques pentes vierges que nous autorise la météo. Malgré le plaisir que nous prenons, notre technique est visiblement à revoir si l’on veut profiter pleinement des jours à venir dans des faces plus pentues et surtout moins larges.
Nous profitons donc de cette journée off au niveau des itinéraires pour travailler notre technique en poudre. Sur les conseils miraculeux de Pat, nous nous surprenons à envoyer de plus en plus et à jouer avec le relief . En fin de journée, les derniers runs s’enchaînent et nous rassurent : nous retrouvons des sensations et notre technique se peaufine…Encourageant, reste à voir dans les jours à venir.

mardi 4 août 2009

Premiers runs andins...

Samedi 1er et dimanche 2 Août

Nous voilà donc forfaits en main, l’après midi est déjà bien entammée, et si nous voulons voir le haut de la station et sortir un peu, nous n’avons pas le choix, il va falloir attaquer direct, sans échauffement. Pat nous emmène donc directement au sommet de la station, et nous voilà partis pour le premier run : la variante d’Eduardo (ici les noms de couloir sont donnés à titre posthume, et portent donc le nom du rider qui y a laissé la vie…enthousiasmant !!). Passage devant le gendarme, qui nous autorise à nous engager, et c’est parti.


Les jambes sont un peu lourdes, nous n’avons pas même le temps de retrouver nos marques, que déjà nous sommes dans un étroit couloir débouchant sur une belle combe plutôt appétissante. A peine le temps de se lancer que déjà Pat est parti et se retrouve vite, très vite en bas. Il est pas là pour être ici le garçon !!! Nous nous lançons tour à tour, sans encombre, mais les sensations ne sont pas terribles… Malgré tout, sans nous en rendre compte, nous venons de tomber 1200m de dénivelé, en à peine 10 minutes... pas mal pour un premier run !! Nous terminerons la journée par quelques runs de proximité, nous permettant de retrouver rapidement des marques et de nos délasser après un long voyage.

Le lendemain, la météo annonce peut être du vent dans la journée. La neige est dure du coup nous ne partons pas trop tôt. Il fait beau mais ça vente déjà un peu. Après un petit échauffement, nous voilà partis pour Mercurio. Une belle combe, là encore accessible par gravité. La neige n’est pas si mal sur les bords, puisque rapportée par le vent, mais quand même changeante. Le plaisir est là, les sensations reviennent. Les pauses se font rares avec Pat, mais c’est bon, les cannes fument, ça fait plaisir. Nous voilà en bas du premier run, 1300m en dessous de son départ. A peine arrivé, nous voilà repartis pour Eduardo, version classique cette fois. Le départ à 3400m me fait batailler au niveau du souffle, mais techniquement ça passe pas mal, dans un couloir assez raide et étroit. La neige n’est pas trop mauvaise, mais ça tape quand même sous les spatules.

Ca passe pour tout le monde, impeccable, le confiance revient peu à peu. Sitôt arrivés, nous enchaînons, avec le même run que la veille, où une neige un peu revenue au soleil, nous permet d’envoyer encore un peu plus. Les conseils de Pat nous sont d’une aide précieuse et les progrès sont déjà visibles. Reste à automatiser tout ça…mais ça va venir.




Nous remontons au sommet de la station et Pat nous propose 3 possibilités : refaire un run dans les environs, partir dans le couloir Sans Nom – personne ne s’y est encore tué… -, large face mais pas très raide, pour faire quelques photos, ou alors... prendre la direction de Cerro Martin. face mythique qui nous fait rêver depuis plusieurs mois et qui, nous l'espériions, arriverons à faire avant la fin du trip... Premier jour de ski, et nous voilà finalements partis pour le Martin...! Grand !















Une quarantaine de minutes de marche nous permettent d’atteindre le départ. Le décor est indescriptible. A flanc de crète, soufflée par le vent en rafale, nous nous élevons peu à peu avec une vue indescriptible sur une bonne partie des Andes. L’ascension se fait tranquillement et nous voilà au départ, qui semble assez impressionnant. Finalement après une traversée, Pat choisi une ligne, et dévale les quelques 600m de dénivelé en une dizaine de courbes aussi larges que le permettent ses skis…et ses cannes, car il est affûté le garçon !!!



Tour à tour, nous nous lançons, et là, la première jouissance du séjour. La pente est raide sur le départ mais décline au fil des mètres, permettant à chacun de se lâcher sur la fin, dans cette fameuse neige dont on nous parlait depuis si longtemps. Et c’est vrai qu’elle se skie bien, même si là, c’est un peu tassé depuis quelques jours…


Le plaisir est total sur cette face et de larges sourires se partagent entre nous. Pat à l’air satisfait de nous, et nous de lui. L’entente est parfaite et sa façon d’appréhender le ski et le freeride correspond vraiment à notre éthique. Plus il en mange, plus il est content, et si tu veux pas suivre... et ben t'as pas trop le choix en fait!! On le connait depuis deux jours, que déjà le personnage nous plaît : très gros rider (testeur Salomon avec Fabien, l’autre guide, ils sont seulement 2 au monde c'est vous dire le niveau, humble, qui aime envoyer du gros, mais qui même s’il ne pense qu’à rider, sait aussi nous prodiguer de judicieux conseils et se montrer très professionnel en montagne.



Paris - Las Leñas : on va chercher la neige !

30 Juillet, 7 heures, réveillé depuis plusieurs heures déjà...


J’attends Eric qui doit passer me chercher. Sur le trottoir, 10 bonnes minutes en avance, je trépigne d’impatience, même si le départ est difficile par rapport à ceux qui restent.
Quelques minutes plus tard, nous voilà partis, nous récupérons Bertrand au passage, qui n’a pas l’air très en forme mais bon, ça passera…

Début d’après midi, nous arrivons à Paris, avalons un sandwich et filons direction Orly avec tout le matos…et y’en a !! Embarquement pour Madrid avec une petite demi heure de retard, le vol se passe très bien. Escale en Espagne, puis direction Buenos Aires, où nous arriverons le lendemain à 8H30 heure locale, après un trajet long et pénible. Seuls quatre petits degrés sont là pour nous accueillir, ça fait bizarre, mais c’est rafraîchissant après l’avion…




Dejà 24 heures que nous sommes partis et on est encore à 1200 km de la station...

Oscar est là aussi, dès notre arrivée dans la zone éponyme, pour nous accueillir comme des princes et nous emmener jusqu’à la gare routière de Buenos Aires où nous laisserons nos bagages en attendant de prendre le bus le soir. D'ici là, visite de la capitale...!




Un accueil plus que chaleureux, qui déjà, nous séduit. Une petite promenade le long de Puerto Madero, et déjà la faim se fait sentir. Nous n’aurons pas tenu longtemps avant de succomber aux charmes des côtes de bœuf nous appelant à travers les vitres d’un resto plus que sympa. Fameux repas de bienvenue, on y reviendra certainement.

L’après midi, nous optons pour aller faire un tour dans le quartier de la Boca, rues populaires de la capitale et pleines de charmes, visite du stade de la Bombonera, puis nous nous laisserons flâner dans les rues jusqu’à 20h, heure du départ pour San Rafael.

Le trajet de 12 heures est effectué en bus grand confort n’ayant rien à envier à une classe business d’un avion. Sièges couchettes, repas servis à bord, couvertures… Tout y est, impeccable pour récupérer du décalage horaire et de la fatigue du trajet en avion.
A l’aube, nous arrivons à San Rafael, où là encore, si tôt descendu du bus, un chauffeur est là pour nous accueillir et nous conduire jusqu’à Las Lenas.



Là encore, trois heures de bus. Seuls dans le véhicule, nous faisons à notre aise, et si le confort est moindre par raport à ce qu’on a connu juste avant, les paysage eux, sont bel et bien au rendez vous.


Des routes sans fin, au milieu de la pampa, parsemée de quelques bovins, moulins ou autres gisements pétroliers, et avec pour toiles de fond, les Andes qui s’élèvent comme un décor de cinéma derrière un éparse voile de brume. Splendide.

Au fil des kilomètres, la route s’élève peu à peu et les paysages n’en sont que plus merveilleux. La neige fait sont apparition, le temps est superbe et les faces s’élèvent de plus en plus devant nous, faisant place à une douce euphorie dans le bus : « Ca doit être là ça ressemble aux photos ; où à moins que ça soit là… ». On était bien loin du compte. Toujours est il que les paysages sont splendides, avec de grands pans de neiges s’arrêtant directement sur le plateau, aussi sec et aride que plat.
















Après une dernière ligne droite, nous voilà dans la station. Rien de bien beau franchement, avec des barres d’immeuble ressemblant aux HLM de Seine Saint Denis, peu de neige, bref, un peu la désillusion. Qu’importe, on verra plus tard... et on n'est pas là pour l'architecture...

Pat, notre guide local du séjour est là pour nous accueillir et nous propose deux solutions : soit s’installer tranquillement et aller chercher les forfaits et les autorisations pour sortir des pistes, soit de se bouger et de vite aller rider, la météo étant plutôt pas mal. La question ne se posa même pas, on enfile le matos et nos voilà parti pour les premiers runs andins.
 

blogger templates | Make Money Online